Aujourd'hui, que reste-t-il de Serge Gainsbourg? Ses tubes, sa discographie, c'est sûr. Sa fille Charlotte, femme et actrice délicieuses. Son influence, immense. A lui seul, il a déverrouillé toute la chanson française, l'arrachant à sa glu variet' comme à ses lourds penchants rive gauche, ouvrant grand les portes vers le large pour le Bashung, Murat, Miossec, Biolay... Et il est vénéré de Tokyo à New York, de Londres à Anvers, de Beck à Sonic Youth, de Placebo à Franz Ferdinand. Gainsbourg, c'était l'homme total de la chanson française de XXe siècle, pas moins, celui qui n'a jamais commis de faute de goût, qui a traversé toutes les époques indemne, de la période zazou d'après-guerre aux DJ actuels, en passant par les Swinging Sixties, les concept-albums ou le reggae... Quel autre chanteur ou musicien français a connu cette longévité? Rayonné sur une aussi large zone d'influence? Présenté une telle cohérence dans la diversité, une telle variété sans jamais rien renier ou trahir? Qui a excellé aussi durablement dans toutes les facettes de ce foutu métier, sans jamais perdre la grâce et l'attitude? Qui a été aussi réellement rigoureux et aussi faussement dilettante tout en faisant toujours croire le contraire? Qui a été aussi majeur dans cet art mineur de la chanson?
Cherchez pas, personne. (Serge Kaganski)

Aux platines, vos disque-jockeys: les messieurs Pierre Elitair, Ongawa, Golbert et -évidemment- Louis Katorz.

Daft Punk, Claude François, Dutronc, Les Rita Mitsouko, Justice, Brel, Air, Joe Dessin, Charlotte et ... Serge!

Allez Aller Danser!